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AI Security Fellowship de Mileva Security Labs - version française

04 Aug 2026

English version

L’AI Security Fellowship est un programme sĂ©lectif conçu par Mileva Security Labs pour les professionnels en milieu de carriĂšre qui souhaitent s’engager pleinement dans la sĂ©curitĂ© de l’IA et ĂȘtre sollicitĂ©s pour de vĂ©ritables missions.
Il est ouvert aux personnes justifiant d’au moins trois ans d’expĂ©rience en sĂ©curitĂ©, en ingĂ©nierie, en IA ou dans une discipline proche.
Mileva Security Labs intervient en sĂ©curitĂ© de l’IA, aussi bien en formation qu’en conseil, et s’appuie sur ce programme pour constituer un vivier de praticiens qualifiĂ©s en vue de ses futures missions.

À l’origine du programme, Dr Harriet Farlow, fondatrice de Mileva Security Labs et autrice de Practical AI Security.
Pendant huit semaines, le programme réunit le cours AI Security Fundamentals, des sessions hebdomadaires en direct, des séminaires, des permanences animées par des facilitateurs, des labs pratiques et un projet de fin de parcours.

J’ai rejoint la cohorte de juin et juillet 2026.
Je suivais le travail d’Harriet depuis un certain temps et je souhaitais Ă©valuer oĂč j’en Ă©tais en sĂ©curitĂ© de l’IA.
Dans cet article, je reviens sur ce que j’en retire.

AI Security Fellowship de Mileva Security Labs
AI Security Fellowship de Mileva Security Labs

Le programme : de la modélisation des menaces à la gouvernance

Chaque semaine Ă©tait consacrĂ©e Ă  un thĂšme, avec des modules de cours, un quiz et une vidĂ©o d’Harriet rĂ©servĂ©e aux participants du programme.

La premiÚre semaine portait sur les menaces et leur modélisation.
Tout partait d’une question : que cherche-t-on vraiment Ă  sĂ©curiser, le modĂšle ou l’ensemble du systĂšme qui l’entoure ?
Nous avons ensuite cartographiĂ© la surface d’attaque d’un systĂšme d’IA, de ses actifs Ă  ses points d’entrĂ©e jusqu’aux scĂ©narios d’abus, en nous appuyant sur MITRE ATLAS et sur le Top 10 OWASP dĂ©diĂ© aux applications LLM.

La deuxiĂšme semaine Ă©tait consacrĂ©e aux fondamentaux du machine learning : ce qu’est concrĂštement un modĂšle, les mathĂ©matiques sur lesquelles il repose et l’influence des donnĂ©es sur son comportement, qu’il s’agisse de biais, de fuites ou d’empoisonnement.
Comprendre comment un modÚle apprend permet de comprendre comment il peut défaillir.

La troisiĂšme semaine nous a fait passer des modĂšles aux systĂšmes.
Nous avons Ă©tudiĂ© la gĂ©nĂ©ration augmentĂ©e par rĂ©cupĂ©ration (RAG), qui consiste Ă  ajouter des documents au contexte du modĂšle au moment oĂč la requĂȘte est traitĂ©e.
Nous avons Ă©galement abordĂ© l’orchestration, les outils et les actions, le contrĂŽle d’accĂšs, la journalisation et la mĂ©moire, les garde-fous, ainsi que les situations oĂč la prĂ©sence d’un humain dans la boucle apporte rĂ©ellement quelque chose, et celles oĂč elle ne suffit pas.

La quatriĂšme semaine Ă©tait dĂ©diĂ©e aux attaques et aux dĂ©fenses : Ă©vasion, empoisonnement des donnĂ©es et portes dĂ©robĂ©es, risques dissimulĂ©s dans les fichiers de modĂšles, infĂ©rence d’appartenance (qui permet de dĂ©terminer si une donnĂ©e a servi Ă  l’entraĂźnement), injection de prompt et attaques sur la chaĂźne d’approvisionnement.
Des Ă©tudes de cas comme EchoLeak dans Microsoft 365 Copilot, les modĂšles malveillants publiĂ©s sur Hugging Face ou les serveurs MCP malveillants permettaient de voir chaque attaque Ă  l’Ɠuvre.

La cinquiÚme semaine a remis les contrÎles de cybersécurité classiques au premier plan : zero trust, gestion des identités, moindre privilÚge, gestion des secrets, provenance des données, MLSecOps, journalisation et réponse à incident, le tout mis en correspondance avec les référentiels existants.

La sixiĂšme semaine abordait la sĂ»retĂ© de l’IA : l’alignement, la mauvaise gĂ©nĂ©ralisation des objectifs, l’autonomie et l’usage d’outils, les Ă©valuations et leurs limites, ainsi que le red teaming face aux risques que l’on ne connaĂźt pas encore.

La septiĂšme semaine traitait de la gouvernance : les rĂ©fĂ©rentiels de gestion des risques comme ceux du NIST et de l’ISO, l’identification des systĂšmes Ă  haut risque, les model cards et system cards, le risque liĂ© aux fournisseurs et la supervision humaine dans la pratique.

Enfin, la huitiĂšme semaine visait Ă  mettre l’ensemble en pratique : prĂ©senter les enjeux de sĂ©curitĂ© de l’IA Ă  une organisation et Ă  des interlocuteurs non techniques, bĂątir un premier programme de sĂ©curitĂ© de l’IA et savoir quelles questions poser sur le terrain.

Chaque semaine, les vidĂ©os d’Harriet prĂ©sentaient le thĂšme du point de vue d’une praticienne.
Ce que j’ai particuliĂšrement apprĂ©ciĂ©, c’est qu’elle partageait systĂ©matiquement plusieurs ressources et articles de recherche, qui mĂ©ritaient tous d’ĂȘtre lus.
Lors de la cinquiĂšme semaine, par exemple, elle s’est appuyĂ©e sur l’exemple d’un ver IA capable de se rĂ©pliquer pour illustrer la diffĂ©rence entre une attaque, une dĂ©fense, une mesure d’attĂ©nuation et un contrĂŽle.

Le programme en pratique : labs, séminaires et communauté

Les labs se déroulaient sur CoCalc, un environnement partagé dans lequel nous pouvions exécuter du code directement.
Construits autour de Vroomi, un assistant IA interne fictif, ils nous permettaient d’expĂ©rimenter concrĂštement les vulnĂ©rabilitĂ©s Ă©tudiĂ©es dans le cours.

Les sessions en direct nous donnaient l’occasion de poser nos questions, de prĂ©senter nos travaux et d’échanger sur des problĂ©matiques prĂ©cises de sĂ©curitĂ© de l’IA.
Les permanences, animĂ©es par les facilitateurs et parfois par Harriet elle-mĂȘme, offraient un espace supplĂ©mentaire pour approfondir.

Les séminaires accueillaient des intervenants extérieurs.
Mon préféré a été celui de la sixiÚme semaine, consacré aux puissances moyennes et présenté par Chiara Gerosa.
Sa dimension gĂ©opolitique m’a passionnĂ©e, et il m’a aidĂ©e Ă  cartographier l’écosystĂšme de la sĂ©curitĂ© de l’IA Ă  l’échelle mondiale.

Le programme s’est conclu par un projet de fin de parcours : une Ă©valuation de sĂ©curitĂ© de Vroomi, menĂ©e avant une Ă©volution envisagĂ©e vers un fonctionnement plus agentique et autonome.
Ce travail combinait une revue de conception, une modĂ©lisation des menaces et des tests pratiques d’attaque et de dĂ©fense.

Cet exercice m’a confortĂ©e dans une distinction que je garde toujours en tĂȘte : certaines faiblesses dĂ©pendent du modĂšle, mais beaucoup se situent dans le code qui l’entoure.
SĂ©curiser l’IA commence par sĂ©curiser le systĂšme.

Tous les participants ont partagé publiquement leur projet, ce qui nous a permis de nous inspirer des approches des uns et des autres.

Ce que je retiens

Ce programme a d’abord rĂ©pondu Ă  la question que je me posais en arrivant.
Je disposais dĂ©jĂ  de bases solides, principalement grĂące Ă  mon expĂ©rience en sĂ©curitĂ© offensive et Ă  ce que j’avais appris en sĂ©curitĂ© de l’IA auparavant, notamment Ă  travers la certification AI Red Teaming Professional (AIRTP+) de Learn Prompting.
Ce que le programme m’a apportĂ© en plus, c’est une structure et une mĂ©thodologie.

Le sujet que je souhaitais le plus approfondir Ă©tait celui des mesures d’attĂ©nuation.
Les systĂšmes d’IA sont probabilistes : une mĂȘme entrĂ©e peut produire des rĂ©sultats diffĂ©rents.
Le fait qu’une mesure fonctionne lors d’un test ne garantit donc pas qu’elle fonctionnera lors du suivant, ce qui rend les mesures d’attĂ©nuation plus dĂ©licates Ă  mettre en place que pour des systĂšmes dĂ©terministes.
C’est prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que les contrĂŽles classiques, comme le moindre privilĂšge, la journalisation et la validation humaine, restent indispensables.

Si je devais formuler une suggestion, ce serait de vulgariser davantage certains concepts plus complexes, en particulier pour les participants qui ne viennent pas du machine learning.
Cela n’enlĂšve rien Ă  la qualitĂ© de l’expĂ©rience, et j’ai Ă©tĂ© trĂšs heureuse d’ĂȘtre sĂ©lectionnĂ©e.

Enfin, il y a les personnes.
La cohorte réunissait des professionnels du monde entier, et le serveur Discord a vraiment été un atout.
Entre les Ă©changes, les projets partagĂ©s et les sessions en direct, l’apprentissage s’est prolongĂ© bien au-delĂ  des modules de cours.

Les candidatures pour l’édition 2026 sont dĂ©sormais closes, mais vous pouvez suivre Mileva Security Labs pour ĂȘtre informĂ©s de l’ouverture de la cohorte 2027.