LâAI Security Fellowship est un programme sĂ©lectif conçu par Mileva Security Labs pour les professionnels en milieu de carriĂšre qui souhaitent sâengager pleinement dans la sĂ©curitĂ© de lâIA et ĂȘtre sollicitĂ©s pour de vĂ©ritables missions.
Il est ouvert aux personnes justifiant dâau moins trois ans dâexpĂ©rience en sĂ©curitĂ©, en ingĂ©nierie, en IA ou dans une discipline proche.
Mileva Security Labs intervient en sĂ©curitĂ© de lâIA, aussi bien en formation quâen conseil, et sâappuie sur ce programme pour constituer un vivier de praticiens qualifiĂ©s en vue de ses futures missions.
Ă lâorigine du programme, Dr Harriet Farlow, fondatrice de Mileva Security Labs et autrice de Practical AI Security.
Pendant huit semaines, le programme réunit le cours AI Security Fundamentals, des sessions hebdomadaires en direct, des séminaires, des permanences animées par des facilitateurs, des labs pratiques et un projet de fin de parcours.
Jâai rejoint la cohorte de juin et juillet 2026.
Je suivais le travail dâHarriet depuis un certain temps et je souhaitais Ă©valuer oĂč jâen Ă©tais en sĂ©curitĂ© de lâIA.
Dans cet article, je reviens sur ce que jâen retire.

AI Security Fellowship de Mileva Security Labs
Le programme : de la modélisation des menaces à la gouvernance
Chaque semaine Ă©tait consacrĂ©e Ă un thĂšme, avec des modules de cours, un quiz et une vidĂ©o dâHarriet rĂ©servĂ©e aux participants du programme.
La premiÚre semaine portait sur les menaces et leur modélisation.
Tout partait dâune question : que cherche-t-on vraiment Ă sĂ©curiser, le modĂšle ou lâensemble du systĂšme qui lâentoure ?
Nous avons ensuite cartographiĂ© la surface dâattaque dâun systĂšme dâIA, de ses actifs Ă ses points dâentrĂ©e jusquâaux scĂ©narios dâabus, en nous appuyant sur MITRE ATLAS et sur le Top 10 OWASP dĂ©diĂ© aux applications LLM.
La deuxiĂšme semaine Ă©tait consacrĂ©e aux fondamentaux du machine learning : ce quâest concrĂštement un modĂšle, les mathĂ©matiques sur lesquelles il repose et lâinfluence des donnĂ©es sur son comportement, quâil sâagisse de biais, de fuites ou dâempoisonnement.
Comprendre comment un modÚle apprend permet de comprendre comment il peut défaillir.
La troisiĂšme semaine nous a fait passer des modĂšles aux systĂšmes.
Nous avons Ă©tudiĂ© la gĂ©nĂ©ration augmentĂ©e par rĂ©cupĂ©ration (RAG), qui consiste Ă ajouter des documents au contexte du modĂšle au moment oĂč la requĂȘte est traitĂ©e.
Nous avons Ă©galement abordĂ© lâorchestration, les outils et les actions, le contrĂŽle dâaccĂšs, la journalisation et la mĂ©moire, les garde-fous, ainsi que les situations oĂč la prĂ©sence dâun humain dans la boucle apporte rĂ©ellement quelque chose, et celles oĂč elle ne suffit pas.
La quatriĂšme semaine Ă©tait dĂ©diĂ©e aux attaques et aux dĂ©fenses : Ă©vasion, empoisonnement des donnĂ©es et portes dĂ©robĂ©es, risques dissimulĂ©s dans les fichiers de modĂšles, infĂ©rence dâappartenance (qui permet de dĂ©terminer si une donnĂ©e a servi Ă lâentraĂźnement), injection de prompt et attaques sur la chaĂźne dâapprovisionnement.
Des Ă©tudes de cas comme EchoLeak dans Microsoft 365 Copilot, les modĂšles malveillants publiĂ©s sur Hugging Face ou les serveurs MCP malveillants permettaient de voir chaque attaque Ă lâĆuvre.
La cinquiÚme semaine a remis les contrÎles de cybersécurité classiques au premier plan : zero trust, gestion des identités, moindre privilÚge, gestion des secrets, provenance des données, MLSecOps, journalisation et réponse à incident, le tout mis en correspondance avec les référentiels existants.
La sixiĂšme semaine abordait la sĂ»retĂ© de lâIA : lâalignement, la mauvaise gĂ©nĂ©ralisation des objectifs, lâautonomie et lâusage dâoutils, les Ă©valuations et leurs limites, ainsi que le red teaming face aux risques que lâon ne connaĂźt pas encore.
La septiĂšme semaine traitait de la gouvernance : les rĂ©fĂ©rentiels de gestion des risques comme ceux du NIST et de lâISO, lâidentification des systĂšmes Ă haut risque, les model cards et system cards, le risque liĂ© aux fournisseurs et la supervision humaine dans la pratique.
Enfin, la huitiĂšme semaine visait Ă mettre lâensemble en pratique : prĂ©senter les enjeux de sĂ©curitĂ© de lâIA Ă une organisation et Ă des interlocuteurs non techniques, bĂątir un premier programme de sĂ©curitĂ© de lâIA et savoir quelles questions poser sur le terrain.
Chaque semaine, les vidĂ©os dâHarriet prĂ©sentaient le thĂšme du point de vue dâune praticienne.
Ce que jâai particuliĂšrement apprĂ©ciĂ©, câest quâelle partageait systĂ©matiquement plusieurs ressources et articles de recherche, qui mĂ©ritaient tous dâĂȘtre lus.
Lors de la cinquiĂšme semaine, par exemple, elle sâest appuyĂ©e sur lâexemple dâun ver IA capable de se rĂ©pliquer pour illustrer la diffĂ©rence entre une attaque, une dĂ©fense, une mesure dâattĂ©nuation et un contrĂŽle.
Le programme en pratique : labs, séminaires et communauté
Les labs se déroulaient sur CoCalc, un environnement partagé dans lequel nous pouvions exécuter du code directement.
Construits autour de Vroomi, un assistant IA interne fictif, ils nous permettaient dâexpĂ©rimenter concrĂštement les vulnĂ©rabilitĂ©s Ă©tudiĂ©es dans le cours.
Les sessions en direct nous donnaient lâoccasion de poser nos questions, de prĂ©senter nos travaux et dâĂ©changer sur des problĂ©matiques prĂ©cises de sĂ©curitĂ© de lâIA.
Les permanences, animĂ©es par les facilitateurs et parfois par Harriet elle-mĂȘme, offraient un espace supplĂ©mentaire pour approfondir.
Les séminaires accueillaient des intervenants extérieurs.
Mon préféré a été celui de la sixiÚme semaine, consacré aux puissances moyennes et présenté par Chiara Gerosa.
Sa dimension gĂ©opolitique mâa passionnĂ©e, et il mâa aidĂ©e Ă cartographier lâĂ©cosystĂšme de la sĂ©curitĂ© de lâIA Ă lâĂ©chelle mondiale.
Le programme sâest conclu par un projet de fin de parcours : une Ă©valuation de sĂ©curitĂ© de Vroomi, menĂ©e avant une Ă©volution envisagĂ©e vers un fonctionnement plus agentique et autonome.
Ce travail combinait une revue de conception, une modĂ©lisation des menaces et des tests pratiques dâattaque et de dĂ©fense.
Cet exercice mâa confortĂ©e dans une distinction que je garde toujours en tĂȘte : certaines faiblesses dĂ©pendent du modĂšle, mais beaucoup se situent dans le code qui lâentoure.
SĂ©curiser lâIA commence par sĂ©curiser le systĂšme.
Tous les participants ont partagé publiquement leur projet, ce qui nous a permis de nous inspirer des approches des uns et des autres.
Ce que je retiens
Ce programme a dâabord rĂ©pondu Ă la question que je me posais en arrivant.
Je disposais dĂ©jĂ de bases solides, principalement grĂące Ă mon expĂ©rience en sĂ©curitĂ© offensive et Ă ce que jâavais appris en sĂ©curitĂ© de lâIA auparavant, notamment Ă travers la certification AI Red Teaming Professional (AIRTP+) de Learn Prompting.
Ce que le programme mâa apportĂ© en plus, câest une structure et une mĂ©thodologie.
Le sujet que je souhaitais le plus approfondir Ă©tait celui des mesures dâattĂ©nuation.
Les systĂšmes dâIA sont probabilistes : une mĂȘme entrĂ©e peut produire des rĂ©sultats diffĂ©rents.
Le fait quâune mesure fonctionne lors dâun test ne garantit donc pas quâelle fonctionnera lors du suivant, ce qui rend les mesures dâattĂ©nuation plus dĂ©licates Ă mettre en place que pour des systĂšmes dĂ©terministes.
Câest prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que les contrĂŽles classiques, comme le moindre privilĂšge, la journalisation et la validation humaine, restent indispensables.
Si je devais formuler une suggestion, ce serait de vulgariser davantage certains concepts plus complexes, en particulier pour les participants qui ne viennent pas du machine learning.
Cela nâenlĂšve rien Ă la qualitĂ© de lâexpĂ©rience, et jâai Ă©tĂ© trĂšs heureuse dâĂȘtre sĂ©lectionnĂ©e.
Enfin, il y a les personnes.
La cohorte réunissait des professionnels du monde entier, et le serveur Discord a vraiment été un atout.
Entre les Ă©changes, les projets partagĂ©s et les sessions en direct, lâapprentissage sâest prolongĂ© bien au-delĂ des modules de cours.
Les candidatures pour lâĂ©dition 2026 sont dĂ©sormais closes, mais vous pouvez suivre Mileva Security Labs pour ĂȘtre informĂ©s de lâouverture de la cohorte 2027.